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Les maraudes ou équipes mobiles d'aide

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L'objectif ultime du travail de maraude est d'aider la personne à se reconstruire, à diminuer ses souffrances, à utiliser ses ressources personnelles et recréer des ponts vers le monde.

Des mains tendues dans la nuit urbaine


La maraude vise 4 objectifs précis :

- La rencontre : entrer en contact, « aller vers » ce qui nécessite tact, délicatesse et professionnalisme dans l'approche de la personne. Il y a des modalités et des procédures de rencontre.

- Le diagnostic : évaluer la condition de la personne à secourir au plan médico-psycho-social,

- Dispenser, si nécessaire, des soins primaires.

- Accompagner et orienter

Si nécessaire et si la personne le souhaite, l'orienter vers notre centre d'hébergement d'urgence ou vers tout autre organisme adapté à la problématique rencontrée (hôpital, maison d'accueil, centre d'hébergement pour mineurs, etc...).

Un accompagnement dans les démarches sociales pourra être mis en place afin de rechercher des solutions réalistes et adaptées (via les équipes psychosociales de jour).

 

C'est incontestablement l'outil indispensable et novateur qui manquait à Bruxelles. Il sous-entend la démarche de l'urgence et le concept de la maraude. Il est au secteur social ce que sont les ambulances au secteur médical.

La maraude permet d'aller vers les personnes vivant sur un territoire de rue et étant pour la plupart en rupture sociale.

Le travail des équipes consiste à créer le lien, le dialogue et l'établissement d'une relation de confiance réciproque. Cette relation s'établit avec du temps.

En liaison permanente avec la régulation téléphonique, l'équipe mobile, interdisciplinaire, comprend un chauffeur, un infirmier et un travailleur social et/ou un psychologue.

L'assistant social répond à l'urgence sociale de la personne en renouant un lien et un dialogue avec elle, en l'aidant à formuler si possible et si elle le souhaite une demande et en veillant à trouver une solution immédiate ou de court terme par rapport à sa demande et à la situation constatée.

L'infirmier, quant à lui, évalue le degré de l'urgence médicale et complète le diagnostic social par un diagnostic médical de base. Si nécessaire, la personne sera référée à une structure hospitalière, ou vers la consultation bénévole de Médecins du Monde au sein de notre centre d'hébergement d'urgence en cas de problèmes plus légers.

Nous avons également mis en place un service de « maraudes psy » dont l'équipe comporte deux psychologues. L'équipe travaille en effet au contact direct d'une population en errance, très marginalisée et porteuse d'une symptomatologie variée allant d'une pathologie psychiatrique avérée à des formes plus diffuses de souffrance psychique.

Cette maraude spécifique vise l'entretien des contacts avec les personnes les plus désocialisées et les plus isolées afin de recréer des ponts avec le monde et la société.

« L'idée, ce n'est pas de faire un dispositif de rue de traitement de la psychiatrie, l'idée c'est de remettre dans le droit commun, dans ce à quoi chacun a droit pour être soigné.

Car 60 % des gens qui sont dans la rue ont une souffrance psychique, voire des problèmes psychiatriques, et parmi eux, dans les gens qui ont une problématique psychiatrique, 95 % des gens que nous rencontrons sont connus des services psychiatriques et on n'a pas trouvé de solution pour eux, en tout cas temporairement.

Il y a quelque chose qui ne va pas dans notre droit commun, dans notre conception du soin psychiatrique, il manque cette dimension de « mise à l'abri », dimension pérenne d'hébergement et de logement et c'est là-dessus qu'il faut travailler.»

Xavier Emmanuelli

 

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