gratuit

La problématique

problematique.jpg

L'exclusion n'est pas conjoncturelle, elle est structurelle. L'exclusion est liée au développement de nos villes, c'est-à-dire qu'elle est devant nous et qu'il va falloir non pas « bricoler », des réponses comme on essaie de le faire, mais envisager la mise en perspective de ce phénomène qui est désormais installé durablement.

L'exclusion est structurelle de nos sociétés


Un constat général par rapport à l'évolution de la ville met en évidence les caractéristiques suivantes :

  • Une décohésion sociale: une grande ville fait naître l'anomie, la perte du sens et du sentiment d'appartenance;
  • Le surpeuplement de la ville: phénomène de concentration de plus en plus massive dans et autour des villes et lié à ce phénomène, l'arrivée des populations fortement démunies. La ville a des atouts pour les personnes en détresse: services sociaux nombreux, anonymat, ...;
  • La mise en question des institutions, souvent dépassées par les phénomènes auxquels elles sont confrontées;
  • La montée du sentiment d'insécurité, car les citadins réagissent à la perte de repères et au sentiment de manque d'efficacité des institutions à leur égard par la violence;
  • Des phénomènes d'addiction (alcool, drogue,...);
  • L'éclatement des familles, les enfants et les adolescents qui ne sont pas valorisés, qui sont maltraités ou ignorés et en tous les cas qui ne reçoivent pas l'éducation qui leur est due, entrent souvent en errance et sont en danger;
  • La souffrance psychique et les problèmes liés aux troubles psychiatriques;
  • Les migrations : beaucoup de personnes ne sont que de passage dans la grande ville et d'autres y cherchent une solution de survie.

 

Par ailleurs, la notion «d'asile» est dépassée et ne permet pas de faire face au grand nombre de personnes en souffrance psychique et sociale, hors de contrôle et sans ressources. Le système social est débordé, ou pas toujours adapté et il ne reste parfois que 3 possibilités pour le moins aliénantes : la prison, l'asile psychiatrique ou la rue, avec ce qu'elle entraîne de violence et de rejet.

 

Une telle situation pose des problèmes réels de santé publique : difficulté de suivi des maladies chroniques, des maladies contagieuses (telles que la tuberculose), des maladies transmissibles, des maladies psychiatriques, des problèmes d'hygiène, des problèmes de sanitation...

 

L'urgence sociale, cela signifie que les gens sont en danger, soumis à une précarité qui peut être extrêmement dangereuse à terme, donc c'est une urgence à quelques jours, c'est une urgence vitale parce que la personne se dégrade vite.

 

Il est donc important de proposer des solutions innovantes pour venir en aide aux personnes se trouvant hors du traitement « normal » des institutions dans les grandes villes.

A l'instar du SAMU « médical » qui va au devant des personnes victimes d'accidents de la route ou domestiques, le Samu social de Bruxelles est un dispositif d'urgence mis en place pour aller à la rencontre en situation d'extrême détresse sociale et qui parfois ne sont plus à même de demander des secours.

 

 

Le contexte de la Région de Bruxelles-Capitale

 

Bien que le dispositif de l'aide sociale sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale soit particulièrement dense et riche, force est de constater que durant la nuit la plupart des structures sociales sont fermées. C'est donc l'asile de nuit rapidement saturé, les services d'urgence des hôpitaux et les commissariats de police qui sont amenés à devoir accueillir les personnes à la recherche d'un hébergement ou d'une structure d'accueil et d'écoute.

La problématique est d'autant plus grave qu'un nombre important des personnes exprimant ce type de demande sont en phase de précarité aiguë et n'ont que peu de maîtrise et de connaissance du réseau social existant, ce qui prolonge souvent leur errance et la rend plus difficile.

Les indicateurs de l'évolution de la pauvreté en Région de Bruxelles-Capitale se dégradant, par voie de conséquence le nombre de personnes en situation de précarité et susceptibles d'entrer dans le processus de l'exclusion et de la grande pauvreté ne fait qu'augmenter. Ce constat est à haute visibilité dans les services d'urgence des hôpitaux et au niveau des structures sociales d'urgence et à l'asile de nuit.

Sur base des différents contacts établis par différents acteurs issus du secteur de l'aide sociale publique et du secteur privé à Bruxelles, il est décidé de mettre sur pied un réel outil de régulation et de référence en Région bruxelloise.

Les constats suivants en ce qui concerne la qualification de la demande :

  • Les besoins d'un «lieu ouvert» à bas seuil d'exigence pour accueillir les personnes SDF la nuit.
  • La difficulté de trouver des places d'hébergement en urgence;
  • Les manques en termes d'urgences psychiatriques, d'habitations protégées, et de disponibilité de psychiatres mobiles;
  • La difficulté de trouver des places d'hébergement pour femmes, femmes avec enfants et pour les familles, et très peu d'alternatives en termes de bons d'hôtels;
  • La difficulté d'assurer la dispensation des soins infirmiers pour les personnes démunies;
  • La difficulté de relayer une personne vers un service adapté à sa situation, une fois passé 17 heures et les week-ends;
  • La nécessité d'un service qui décloisonnerait les différents opérateurs et les différents types d'opérateurs;
  • Le coût de l'hébergement en structure hospitalière des patients dits «sociaux»;
  • Le problème spécifique des personnes en situation illégale;
  • Le problème des personnes en situation de régularisation qui ont le droit de rester sur le territoire sans bénéfice d'allocations sociale.
lexclusion