Notre compréhension du phénomène de l’exclusion comme perte de liens, mais surtout de repères, fonde une méthode d’intervention spécifique ; celle-ci repose sur plusieurs piliers :
- « aller vers », car ces personnes, n’ont plus la capacité, la volonté ou la possibilité de faire appel aux secours existants ; il est donc nécessaire de les considérer avant tout comme des « victimes » et de se rendre à leur rencontre, notamment quand l’abandon est le plus criant, la nuit ;
- offrir une aide pluridisciplinaire, tant la problématique de l’exclusion est complexe et ne peut se résumer au domaine social, médical et psychologique et/ou psychiatrique ;
- segmenter le temps de l’action en trois phases, l’urgence, le temps du contact, la « post-urgence », le temps de l’accompagnement pour regagner ces codes nécessaires pour envisager quelque avenir que ce soit, et l’insertion, 3e temps qui fait appel à des compétences différentes. Tout Samusocial se focalise sur les deux premières phases et a donc vocation à s’appuyer sur un réseau de partenaires en aval ;
- mieux analyser et comprendre ce phénomène, si mal connu. Ainsi, une attention particulière est portée au recueil et à l’analyse des données afin d’enrichir cette connaissance et de renforcer, en retour, l’action.
Le Samusocial International, association française que j’ai créée en 1998, a pour vocation d’accompagner, hors de France, la naissance et le développement de dispositifs partageant notre analyse. Ainsi aujourd’hui, 13 Samusociaux existent dans des grandes villes du monde, aussi différentes que Lima, Dakar, Moscou ou Bucarest et deux autres sont en cours de développement au Vietnam et en Egypte.
Le Samu social de Bruxelles a vocation à s’inscrire dans cette dynamique. D’ores et déjà des collaborations prometteuses se développent : participation de sa directrice au Conseil d’Administration du Samusocial International, échanges de personnels pour des stages ou encore une mission prévue l’été prochain d’appui au recueil et à l’analyse des données par le Coordinateur de l’Observatoire du Samusocial International. Je souhaite que cette collaboration s’amplifie. Dans ce cadre, il me tient particulièrement à cœur que le CASU retrouve son nom d’origine, « Samusocial de Bruxelles », afin de donner toute sa signification à notre collaboration.
Xavier Emmanuelli,
Président